• Depuis quelques mois l’entrée du parc de la Providence à Saint-Denis est ornée du panneau de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Banal et bien connu. Mais, le panneau de limitation de vitesse planté quelques mètres plus loin vaut le détour. Conducteurs de véhicules surveillez bien votre compteur : la vitesse est limitée à 4 km/h . Pas 10 ni 5, non : 4 km/h très précisément. Un panneau probablement unique à la Réunion. À verser au patrimoine de notre île ! Quand on sait qu’une personne fait déjà 5 km/h en marchant et que les compteurs de vitesse de la plupart des véhicules ne se déclenchent que vers 15 à 20 km/h, on mesure les prouesses qu’il faut déployer pour respecter cette vitesse maximum. Encore heureux que ni radars ni pandores ne soient en embuscade pour verbaliser les pousseurs qui oseraient rouler à 10 ou 15 km/h. L’histoire ne dit pas combien ce superbe panneau a coûté au contribuable pour sa fabrication sur mesure. Quant à sa conception elle a probablement nécessité du temps de fonctionnaire cadre, voire une réunion de travail à plusieurs. On remarquera au passage la dépense bien inutile consistant à repeindre en noir des roues dentées géantes qui s’apprêtaient à rouiller là tranquillement pendant plusieurs siècles. Oui, décidément, nos administrations sont bien trop riches, dépensières et gaspilleuses. Certes, le panneau sur mesure et la peinture ne sont qu’un grain de sable dans la montagne de gaspillages de nos administrations bien trop gâtées. Il appartient à la chambre régionale des comptes d’en mesurer l’ampleur exacte. Et au gouvernement comme aux parlementaires d’y mettre bon ordre.

    Charles Durand

    Le Brûlé – Saint-Denis.

    Quand la DAAF se met en quatre.


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  • Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Et le moindre, c’est de sécuriser sans délai les ponts emblématiques du suicide réunionnais. Je m’adresse à l’intelligentsia (sic) de notre île. En particulier aux trois capitaines qui pilotent le navire « Réunion », cette galère aux 840.000 rameurs. Mme Dindar, M. Marx et M Robert. Et j’y ajoute Mme Rouland-Boyer pour la sécurité routière. Ces personnes exercent leurs talents derrière les grilles de la République qui les protègent des assauts d’une populace avide de justice et d’équité. Pas de grilles possibles sur les ponts ! Mais, derrière leurs grilles, ces responsables (re-sic) viennent de faire une démonstration magistrale de « renvoi de balle » à propos de la sécurisation des ponts. Pendant ce temps-là, les drames se succèdent. Résultats de situations sociales difficiles et de harcèlements subis au travail sous-estimés par les actions de prévention. Rien que sur le pont du Bras de la Plaine 4 décès depuis début 2013. Quatre décès, mais combien de vies brisées ? Les proches, les collègues, les orphelins se comptent par dizaines. Plusieurs centaines de vies brisées chaque année. Or, il est reconnu que les facilités offertes par ces ponts pour passer à l’acte pourraient aisément être supprimées par des mesures simples. En quelques jours pose de grillages rigides de 2 mètres de haut  sur les 2,5 km de garde-corps mal conçus sur les 5 ponts (Bras de la Plaine, Vinh San, Trois-Bassins, 2 sur la Rivière de l’Est). Au détail 42 euros les 2,5 mètres. Remises possibles pour les grosses commandes ! Bien sûr, on peut se retrancher derrière des procédures juridico-administratives, mais là nous sommes devant une urgence vitale et quitte à encourir des pénalités financières il faut agir sans barguigner. Les administrations prennent facilement des libertés avec les textes en vigueur (constructions illégales pour ne citer qu’un exemple de notoriété publique…lire le rapport annuel de la chambre régionale des comptes pour découvrir le panorama de tous les errements possibles). Mme Rouland-Boyer est plus spécialement chargée de la sécurité routière. Je voudrais l’interpeler pour lui faire observer que ces suicides effectués à partir de ponts routiers relèvent de sa responsabilité. Certes, les victimes directes ne sont pas comptabilisées dans les « tués » de la route puisque les suicidés n’ont pas la mauvaise idée de se jeter sous les roues d’un véhicule. En effet, pour être « tué » sur la route il faut qu’un véhicule soit impliqué : ainsi vont les définitions statistiques ! Quant aux victimes collatérales on les oublie vite, mais pourtant elles restent victimes pour le restant de leurs jours. L’administration préfectorale sait prendre des mesures de sauvegarde quand il le faut : barrières anti-émeutes, gardes mobiles…Elle peut montrer son savoir-faire en sécurisant ces points noirs du réseau routier. Ainsi, serons économisés les coûts exorbitants des nombreux hélitreuillages nécessités par ces suicides par saut qui stressent sauveteurs et familles. Je rappellerais aussi à Mme Dindar qu’elle a su, il n’y a pas si longtemps, sans hésiter, couper les vivres d’une association à la dérive, l’Arast. Alors, mesdames et messieurs, cessez ces jeux de renvoi de balle ridicules. Entre efficacité et impuissance, il faut choisir. La balle est dans votre camp.

    Charles Durand

    Le Brûlé – Saint-Denis


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  • Rivière-des-Galets, Bellevue, La Palissade, Boulevard Banks, les Makes…la liste des quartiers peu fréquentables s’allonge. Casse, destruction d’arbres, incendies, blocage de routes se multiplient. Si on peut comprendre certaines revendications des manifestants, en revanche les exactions commises donnent des images très négatives de ces quartiers. Quel employeur va embaucher un jeune qui vient de Bellevue où une adjointe municipale a été prise en otage ? Quelle entreprise va être tentée de s’y installer après avoir vu les images de véhicule et de mobilier urbain incendiés ? En agissant ainsi, les manifestants se font beaucoup de tort à eux-mêmes et à tout leur quartier désormais stigmatisé. Il faut des années pour bâtir une réputation enviable et quelques heures pour la perdre souvent définitivement. Les habitants du Chaudron en savent quelque chose ! Tous ces actes constituent de véritables suicides sociaux pour les quartiers concernés.

     

    Par analogie au sinistre rôle positif de la colonisation, il me faut évoquer le rôle positif de ces destructions…sur la croissance. Vous savez, la croissance que Sarkozy allait chercher avec les dents et que Hollande va chercher « avec la bouche » comme on dit en créole ! Démonstration. Votre maison a brûlé. Vous avez tout perdu. Assurance. Reconstruction. Achat de meubles, d’appareils. Tout ça c’est bon pour le PIB (produit intérieur brut). Mais le PIB, il ne prend pas en compte la disparition de votre maison et de son contenu. Il est comme ça le PIB : c’est un optimiste à tout crin. Il additionne toujours, il ne soustrait jamais. Même schéma quand une mairie annexe est incendiée : c’est bon pour le PIB ! Le préjudice sur le patrimoine, le PIB ignore complètement ! La reconstruction va procurer un chantier inespéré au secteur du bâtiment ! Votre voiture a été volée ? Assurance. Achat d’une autre. Excellent pour le PIB qui, là encore, ne fait qu’additionner. On ne soustrait pas du PIB la valeur de la voiture disparue. Vous avez un accident ? Bravo pour le PIB et la croissance. Assurance. Dépannage, Réparation. Ambulance. Préférez les accidents avec blessés graves qui vont bien faire profiter au PIB. Les morts ne servent qu’une fois pour les pompes funèbres. Alors, le PIB, il est comme ça : cynique, il préfère les blessés et les gros dégâts matériels. Gaspillez l’eau, l’électricité, le gaz, les carburants…Maltraitez vos appareils, même s’ils sont déjà prévus d’origine pour ne pas durer longtemps comme les téléphones portables : il faudra les remplacer et ça, le PIB, il adore ! Il va grossir : les économistes appellent ça la croissance ! C’est pratique d’oublier de prendre en considération la « disparition » des appareils ou l’épuisement des ressources fossiles. Ça le PIB il n’en a rien à faire. Mais le coût de l’élimination des déchets, ça lui plaît bien : plus il y en a, mieux il se porte ! Quand on ajoute à ce sinistre tableau que plus les services publics coûtent cher plus ça fait augmenter le PIB. Mais que, pour contenir les déficits publics le gouvernement veut précisément diminuer ces coûts, on voit dans quelles absurdités mène la recherche de la croissance à tout prix. Alors, chère France tu en veux combien pour 2013 ? 1%, 2%, 5% ? Pour avouer quelques mois plus tard, à l’agonie : « la croissance m’a tuer » ? C’est bien ainsi que, à la recherche de la croissance perdue, François Hollande va aboutir à faire de la France un pays bas. Faut-il en faire un fromage ? Eh ! Dame, oui…


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  • Je recommande la lecture attentive du mensuel Eglise à la Réunion. En particulier le numéro daté de janvier 2013. On peut y lire en page 10 les propos du Frère Michel qui affirme que…"c'est en faisant grandir un enfant que l'on s'accomplit comme père" . Propos émis suite à la déclaration d'un de ses élèves dont le père venait de quitter la mère et qui avait "choisi" le Frère Michel comme père. Magnifique déclaration d'amour ! Cette petite anecdote retentit dans mon cœur comme une grâce en ces moments troubles où certains catholiques s'accrochent bec et ongles à une conception très sexuelle de la famille. Or, pour un certain nombre de fervents catholiques dont je suis, la famille n'est pas un lieu d'échanges sexuels, mais un lieu où s'accomplit l'amour du prochain. Un nid d'amour , tout particulièrement en y faisant grandir des enfants à l'image de ce qu'a accompli Frère Michel. Au demeurant, la Sainte Famille a été vécue sur ce modèle : absence de sexe mais abondance d'amour. Il me reste à prier pour que tous mes coreligionnaires ne laissent au sexe que la place mineure qui lui revient. Et surtout qu'ils débordent d'amour pour leurs proches et toute une humanité qui en a tant besoin. Le sexe on en a à ne plus savoir qu'en faire. Quant à l'amour, c'est devenu une denrée rare. Aimons-nous les uns les autres, le message est pourtant dépourvu de tout ambiguïté, venant d'un enfant adopté !

     

    Charles Durand

    Le Brûlé - Saint-Denis


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  • Je suis un homo. Vous aussi. Tout comme les 7 milliards d'homos sapiens de la planète. Ces homos sapiens ont, comme les autres espèces de l'ordre des primates des pratiques de relations intimes diverses et variées. Certaines permettent à l'espèce de se perpétuer et beaucoup à entretenir des relations sociales. Mais là n'est pas l'essentiel. Depuis la nuit des temps ces homos sapiens ont développé plus d'intelligence pour s'entretuer que pour vivre en paix. Depuis deux mille ans on pouvait espérer que le "aimez-vous les uns les autres" de Jésus-Christ apporterait enfin la paix sur la Terre. Un comportement pourtant accessible à tous en dehors de toute conviction religieuse. Hélas, il faut bien reconnaître que ce "commandement" a plutôt été compris dans le sens de "hainez-vous les uns les autres". Trouble auditif ou cognitif ? Les faits sont là : l'homo sapiens peine à aimer ses semblables. Il est tellement facile de propager et d'entretenir la haine. Tristes homos sapiens.

     

     

    Mais il ne faut pas se décourager et chacun, à son niveau individuel, peut "aimer les uns et les autres". Aimer au sens de l'agapé grec. L'agapè est l'amour du prochain, une relation proche de l'altruisme. Il se caractérise par la spontanéité. Ce n'est pas un acte réfléchi ou une forme de politesse mais une réelle empathie pour les autres qu'ils soient inconnus ou intimes. Donc, rien à voir avec l'expression trompeuse "faire l'amour" qui, dans les faits, consiste la plupart du temps à assouvir son désir. Faisons en sorte que l'homo sapiens connaisse une mutation majeure en devenant l'homo agapé. C'est pas gagné ! Mais les homos agapé vivant dans la paix et le respect mutuel seront forcément gais. Que demander de plus pour 2013 ? Des homos gais…Tous homos, tous gais ! La fin du monde de l'homo sapiens. Le début du monde de l'homo agapé.

    Charles Durand

    Le Brûlé - Saint-Denis

     

    Pour les chiffres de population mondiale

    http://www.worldometers.info/fr/


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