• L’association des maires de la Réunion opère un véritable chantage officiel pour extorquer toujours plus de « contrats aidés » à l’Etat. Ces maires se gardent bien d’expliquer à quoi ont servi les contrats aidés dont ils avaient bénéficié jusqu’à présent. Dommage. Parce que, faute d’information claire, le pire vient à l’esprit dans les utilisations suspectes et douteuses de ces contrats. N’empêche qu’en 2012, les Réunionnais découvrent avec stupéfaction que 22 maires sur 24 s’en remettent à de fragiles et hypothétiques contrats aidés pour faciliter et soutenir la scolarité de leurs enfants. Depuis des lustres, la gravité de la situation éducative à la Réunion fait l’objet de rapports, de colloques, de réunions, de discours et de promesses sans lendemain. Cela n’a pas pu échapper aux édiles municipaux. Alors, il leur a fallu une bonne dose d’inconscience et de légèreté pour ne pas avoir accordé la priorité la plus haute aux emplois communaux dédiés aux activités scolaires. On a un peu de mal à imaginer que des élus puissent ainsi laisser délibérément l’avenir de notre jeunesse suspendue à des emplois plus que précaires. Un véritable scandale. Ces emplois auraient dû être pérennes, occupés par des titulaires depuis longtemps, quitte à alléger d’autres services moins essentiels pour préserver l’avenir. Le comble, c’est que des concours de recrutement d’Atsem (Agent Spécialisé des écoles Maternelles) sont organisés régulièrement, que des candidats réussissent, mais qu’ensuite ils ne sont pas effectivement recrutés ! Il faut dire que le clientélisme qui gangrène les communes réunionnaises est plus facile à pratiquer avec des « contrats aidés » qu’avec des professionnels reconnus. Vouloir faire chanter l’Etat à cause de leurs propres erreurs dans les choix stratégiques de répartition du personnel communal est intolérable et en dit long sur l’inconséquence de nos élus. Saint-Denis, pour une fois, mène une politique active et cohérente en ayant proclamé l’éducation comme action prioritaire de la municipalité. C’est l’avenir de notre jeunesse qui se joue et prendre cet avenir en otage par des manœuvres politiciennes révèle au grand jour l’incompétence de ces élus à gérer le présent et à préparer le futur.

     

    Charles Durand

    Le Brûlé - Saint-Denis.

     

     


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  • Depuis des décennies l’évolution des prix des produits pétroliers fait l’actualité. C’est fin 1973 que s’est produit le premier choc pétrolier avec un brutal quadruplement des prix du « baril ». Choc salutaire qui a permis à la communauté internationale de prendre conscience de la fragilité d’une économie mondiale basée sur la consommation du pétrole. Choc qui a été surmonté puisque les économies se sont adaptées. Malheureusement, l’addiction au pétrole a vite repris ses droits et ne cesse de s’amplifier. C’est vrai pour notre île qui en fait un usage débridé. L’explosion persistante de l’accroissement du parc automobile « personnel », la fabrication d’électricité avec du fioul et la multiplication de l’usage des produits de la pétrochimie (plastiques, engrais,…) contribuent à l’épuisement d’une ressource naturelle fossile qu’on sait limitée dans le temps.

    Le septuagénaire que je suis peut être sûr d’avoir disparu avant d’être confronté à la disparition du pétrole. Alors, après moi le déluge ? Je consomme le plus possible tant que c’est possible, tant pis pour les générations futures ! Désolé, mais cela ne fait partie de mes « valeurs », comme il est devenu chic d’affirmer. Comment faire pour convaincre mes concitoyens ?

    Maintenir, voire baisser les prix des produits pétroliers n’a aucune chance d’inciter à diminuer leur consommation. C’est une bonne idée quand je ferai le plein demain et la semaine prochaine. C’est très facile à faire puisque l’essentiel du prix relève de la fiscalité qu’on peut modifier à volonté. Mais c’est une catastrophe pour l’avenir de mes enfants qui seront encore vivants en 2050, si Dieu le veut. Une fausse bonne idée donc.

    La vraie bonne idée, c’est bien d’augmenter les prix, comme en 1973 pour provoquer un vrai choc. Un quadruplement des prix obligerait à vraiment préparer l’avenir, autrement que par des rustines sans lendemain. C’est aussi très facile à faire : modifier la fiscalité. Et utiliser intelligemment la manne. Arrêter de construire des routes dans l’île. Il y en a assez ! Construire un réseau de transport en commun basé sur les seules énergies renouvelables. En attendant cette Réunion de rêve, innovons ! Autopartage, covoiturage, taxis-collectifs, bourses d'échange de logements et bourses d'échange d'emplois pour rapprocher travail et domicile, fabrication locale de véhicules et de systèmes de stockage d'énergie à air comprimé, d'éoliennes, de panneaux solaires…Petit exemple vécu : avec un plein je fais 900 km en conduite sportive, mais 1300 km en conduite souple. On peut le faire ! Il faut aussi faire des économies domestiques d’énergie massives, là aussi par des tarifs progressifs (plus on consomme, plus le prix du kWh augmente).

    Les idées ne manquent pas, mais la motivation si ! Le pétrole n’est pas assez cher. L’avenir sera sauvé par des hausses massives des prix des ressources limitées (énergie, mais bien d’autres ressources naturelles). Choquant ? Bien moins que la « société de gaspillages » dans laquelle nous vivons. Savez-vous que les 830 000 Réunionnais consomment près de trois fois plus d’électricité que les 18 millions de Malgaches ? J’ai honte  de tous mes gaspillages ! Pas vous ? 

    Charles Durand

    Le Brûlé – Saint-Denis 

    Pour info, un graphique :

    http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/032.pdf page 10

    Voir aussi chiffres annuels

    http://www.2000watts.org/index.php/energytrend/petrole/prix/596-evolution-des-prix-du-baril-de-petrole.html

     Charles Durand

    Village du Brûlé

    Saint-Denis (La Réunion)


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  • Éléphant blanc = réalisation d’envergure, souvent prestigieuse et d’initiative publique, qui s’avère plus coûteuse que bénéfique et dont l’exploitation ou l’entretien devient un fardeau financier.

     

    Mesdames et Messieurs les députés des circonscriptions de La Réunion,

     

    Vous voilà, tous les 7, députés de la XIVe législature de la Ve République ouverte depuis le 20 juin 2012. A ce titre vous êtes censés légiférer pour le bien de la nation tout entière. Vous avez le pouvoir d’ interpeler le gouvernement de la France sur toutes les questions qui vous semblent pertinentes.

    Suite aux récentes déclarations de la ministre de l’écologie Delphine Batho, relatives à la nécessité de construire un nouvel aéroport près de Nantes, je souhaite attirer votre attention sur plusieurs points.

    Il ne vous a pas échappé que ce projet a été porté jusqu’à ces derniers mois par le président de Nantes métropole devenu depuis Premier ministre.

    Par ailleurs, vous aurez noté que le président Hollande, parmi les 60 engagements pris lors de la campagne présidentielle, a donné la priorité à une relance de la politique des transports pour lutter contre la fracture territoriale (engagement n°28). En revanche, la construction d’une nouvelle infrastructure aéroportuaire dispendieuse près de Nantes ne figure pas dans les engagements du nouveau président.

    Les finances publiques dont on rebat nos oreilles citoyennes sur leur délabrement seraient fortement obérées par le lancement d’un tel projet. D’autant que les estimations de son coût sont volontairement sous-estimées en faisant abstraction des aménagements d’accès à l’aéroport. Bien d’autres motifs plus valables les uns que les autres imposent de renoncer définitivement à cet « éléphant blanc ».

    En particulier, le conflit d’intérêt manifeste que constitue la promotion de ce projet par un ministre du gouvernement Ayrault, ancien président de Nantes métropole. Certes, le conflit d’intérêt n’est probablement pas juridiquement facile à établir. Mais la question n’est pas là. C’est la république exemplaire prônée par le président Hollande et plébiscitée par les électeurs qui est mise à mal.

    A ce propos, je voudrais rappeler à votre souvenir de Réunionnais l’attitude constante d’un des nôtres, le Premier ministre Raymond Barre qui s’est toujours fait un honneur de ne jamais favoriser son île natale, ni directement, ni indirectement, au prétexte qu’il en aurait eu le pouvoir. Question de dignité. Une dignité à laquelle tous les Français ne peuvent qu’être sensibles, en particulier dans les outre-mer où elle est si souvent bafouée.

    Le gouvernement a bien mieux à faire en matière de transports que cet aéroport superflu. La plupart des régions ont des projets novateurs en matière de transports « propres ». Or, les fonds importants, encore mal évalués, qui seraient consacrés au projet de Nantes manqueraient cruellement à toutes les autres régions, et à la nôtre en particulier. C’est pourquoi nous, Réunionnais, sommes directement concernés par la poursuite ou l’abandon de ce projet d’aéroport.

    Le moment est venu de rappeler au gouvernement que La Réunion attend, toutes tendances confondues, un transport collectif guidé sur rails pour se libérer de l’addiction délétère au « tout automobile ».

    Par conséquent je vous demande, en ma qualité d’électeur réunionnais, de bien vouloir interpeler, au moyen d’une question écrite ou orale, le gouvernement Ayrault sur ses intentions par rapport à ce projet d’aéroport nantais.

     

    Charles Durand

    Village du Brûlé

    Saint-Denis (La Réunion)


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  • Je suis catholique, pratiquant et engagé. Je voudrais attirer l’attention de mes coreligionnaires sur la nécessité de ne céder ni aux préjugés, ni aux propagandes homophobes qui fleurissent dans tous les médias. Prenons un peu de recul. Les relations intimes, quelles qu’elles soient occupent une toute petite partie de notre temps, sauf pathologie avérée. Il me semble sain de ne pas penser qu’à « ça » pour porter une appréciation sur son prochain. En revanche, les temps de cohabitation banale nous occupent pendant les deux tiers d’une journée de 24 heures, soit au domicile, soit dans d’autres lieux.

     

    Quelles sont les différentes façons de cohabiter chez soi ? La façon la plus répandue c’est le couple hétérosexuel, la nuit dans le même lit ou chacun dans son lit, cela ne nous regarde pas. Mais il existe des gens qui cohabitent en communauté : pour les catholiques dans des lieux spécialisés par sexe, couvents et monastères. Certaines de ces communautés hébergent des enfants (orphelins, abandonnés) et les éduquent sans que cela ne soulève de protestation, Dieu merci. Vous me direz que dans ces lieux unisexes les relations intimes n’existent pas pour cause de vœux de chasteté. C’est évidemment le cas dans l’immense majorité des cas, mais, là-haut, on sait très bien qu’il peut arriver que de pauvres pécheurs cèdent à la tentation…la chair est faible.

     

    Alors pourquoi pousser des cris d’orfraie quand la cohabitation s’organise dans une communauté réduite à deux personnes de même sexe qui acceptent de prendre en charge l’éducation d’enfants qu’ils adoptent dans le respect des textes en vigueur ? Au demeurant, rien ne permet d’affirmer que certains de ces couples ne sont pas chastes !

     

    D’ailleurs, on peut imaginer bien d’autres formes de cohabitation sans être obnubilé par la question sexuelle. Par exemple, trois adultes de même sexe ou de sexes différents. Ou encore, deux adultes de même sexe qui adopteraient une personne porteuse de handicap. Des façons multiples de nous aimer les uns les autres. C’est le message délivré par le Crucifié il y a 1979 ans. Il n’a jamais dit de se désirer les uns les autres, ce qui ramènerait aux relations intimes. Non, simplement de nous aimer ! Pas facile pourtant ! Interrogez les couples ordinaires, interrogez les membres de communautés et vous verrez que c’est la cohabitation 16 heures par jour qui est problématique !

     

    Quant à la question des enfants qui ont deux papas ou deux mamans, il ne faut pas être inquiet. Dans toute cohabitation à deux il y a des sensibilités complémentaires qui reproduisent les rapports ordinaires homme-femme. Pour les quolibets à l’école, ils disparaîtront avec le temps comme pour les divorcés.

     

    Il ne vous aura pas échappé que je n’ai jamais employé le mot mariage. Pour moi, catholique engagé, le mariage est un sacrement échangé entre une femme et un homme. Il relève de la stricte sphère personnelle religieuse. Pour les cohabitations, les unions civiles officialisées doivent emprunter une grande liberté dans un humanisme de bon aloi. Par égard pour les religions, le terme « mariage » devrait être proscrit pour désigner une union civile.

     

    Pour terminer, je « rassure » (sic) mes coreligionnaires. Je ne suis pas homosexuel : ni pratiquant, ni introduit. Ceci dit, je suis de plus en plus sourd ! Devinez pourquoi.

     

    Charles Durand

    Le Brûlé – Saint-Denis


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