• Indécences publiques.

    Rien n’arrête l’arrogance de nos décideurs nantis. Certes, il n’y a ni crise, ni rigueur ni austérité si l’on en croit les discours officiels. Mais dans une île où les chômeurs et les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux il faut avoir une bonne dose d’impudeur et de provocation pour organiser des festivités coûteuses et inutiles. Même ceux qui travaillent ou possèdent un patrimoine sont essorés par des impôts locaux ou nationaux toujours plus lourds. Alors, les communes qui ont payé de superbes feux d’artifice grâce aux recettes des impôts locaux n’ont aucune pudeur. Peu importe les portions congrues consenties aux associations caritatives qui s’épuisent à compenser les lacunes des pouvoirs publics. Quant à l’État il n’est pas en reste dans ces comportements scandaleux. Si le préfet a tenté de réduire la facture de l’État – on lui en sait gré – en revanche, il a cédé à la tentation de recourir à des sponsors. Et là, de redoutables conflits d’intérêt peuvent se manifester. Ainsi, quand je découvre que des entreprises de l’agro-alimentaire (Brasseries de Bourbon, Rhum Charrette, Chai de Cilaos, Porcidou, Bœuf péi, Sandhy et la Cilam) ont joué les sponsors, je m’interroge sur les risques de perte d’indépendance de l’État. Accepter des soutiens de la part d’entreprises soumises aux contrôles réguliers de plusieurs services de l’État évoque le risque de corruption, ni plus ni moins. « La corruption est la perversion…d'un processus ou d'une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d'obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d'obtenir des avantages  en échange de sa bienveillance ». Donnons un gage d’intégrité au préfet mais scrutons attentivement les décisions qu’il prendra dans les champs d’activité des entreprises mécènes. Quant aux responsables de ces entreprises on peut s’interroger sur leurs choix de financer une réception à la préfecture plutôt que de venir soutenir les nombreuses associations qui galèrent pour permettre aux exclus de survivre. Il est vrai qu’en toute objectivité ces entreprises n’ont rien à attendre de cette population qui n’a même pas les moyens d’acheter leurs produits. Le choix est vite fait. Bref, une meilleure répartition des richesses dans notre pays n’est pas pour demain. L’indécence publique, c’est maintenant.

     

    Charles Durand

     

    Le Brûlé – Saint-Denis

    « Pour une solidarité entre retraités.Peut-on bénir des mariages homos ? »

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