• L’incongruité des grèves de la faim.

     

    C’est une évidence un peu oubliée : faire une grève de la faim implique de ne pas être affamé en permanence. Or, à La Réunion, sauf cas pathologique, tout le monde mange à sa faim et personne ne meurt de faim. C’est luxe que sont loin de partager nos voisins Malgaches et Africains. Nous sommes cernés par des pays dont près du tiers de la population est sous-alimentée ! Quand, en prime, nos grévistes de la faim de luxe bénéficient d’un suivi médical aux frais de la collectivité cela tourne au scandale absolu. Que des élus et des personnalités soutiennent ce genre de chantage en dit long sur leur incompétence pour faire aboutir des dossiers de façon normale. Manque d’arguments ? Imprévision ? Méconnaissance des textes et des procédures ? Prévalence de l’intérêt personnel sur l’intérêt général ? Rien que pendant les 14 jours de grève de la faim médicalisée de Samuel Mouen, plus de 300.000 humains sont morts de faim sur la planète. Tous anonymes, des invisibles pour nous et nos médias : des « clients » sans intérêt aucun ! Nous avons le chance de vivre dans un pays et dans une Europe où il existe une multitude de façons de faire valoir ses droits, même si tout n’est pas parfait, loin de là. Mais de là à s’afficher publiquement en grève de la faim, il y a des indécences qui sont d’une totale incongruité. Actions en justice, collectifs, pétitions, manifestations, grève « normale » et bien d’autres actions de contestation permettent de faire entendre ses doléances. Faites preuve d’imagination, mais de grâce, cessez de nous faire honte à la face des affamés de la planète. C’est une totale et inacceptable incongruité.

     

    Charles Durand

     

    Le Brûlé –Saint-Denis


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