• La danseuse c'est nous, les Réunionnais. Alors qu'il était ministre des finances, c'est Valéry Giscard d'Estaing, qui qualifiait ainsi chacun des confettis de ce qui restait de l'empire colonial français. Il est de notoriété publique qu'une danseuse entretenue coûte cher à son protecteur. Trop cher pour le locataire de Rivoli de l'époque.

    Il est vrai que, vue de loin, elle est splendide la danseuse avec ses P.C.R. classés. Il n'est pas question ici de reconstruction mais des pitons, cirques et remparts (P.C.R.) classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Une superbe danseuse qui laisse découvrir sa malpropreté dès qu'on s'en approche. Quand on vient à la Réunion ou qu'on y vit, la saleté et les déchets font partie intégrante du paysage. Triste spectacle contre lequel on a renoncé à lutter. La danseuse se néglige. Pour s'en convaincre, un petit tour sur le site www.bandcochon.re est consternant : plus de 6000 dépôts sauvages ! La danseuse est une souillon.

    Que faire ? Réprimer ? Inutile dans une société qui a érigé le "pas vu, pas pris" en règle de vie. Éduquer ? Oui, mais il faudra beaucoup temps pour responsabiliser une population encore imprégnée d'assistance.

    Alors, je fais une proposition iconoclaste. Pour faire simple, il s'agit de s'inspirer de l'ancien dispositif des bouteilles consignées. Dans tous les lieux publics vous ramassez des déchets, les vôtres, bien sûr, mais aussi ceux des autres. En échange de quoi vous êtes rémunéré lorsque vous venez déposer ces déchets dans un lieu de collecte. Plutôt que de chercher à punir les salisseurs, on incite donc les ramasseurs grâce à une rémunération non imposable et non cotisable. On peut même espérer des vols de déchets pour les "vendre" à la collectivité contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Mais alors qui va payer objecterez-vous? Tout simplement, la collectivité en augmentant la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères). Il suffit alors à chacun de nous de "vendre" le plus possible de déchets pour compenser son augmentation de TEOM, enclenchant ainsi un cercle vertueux. Ainsi, plus on ramasse de déchets, plus on encaisse de leur vente et plus la TEOM augmente certes, mais très vite il n'y aura plus de déchets à ramasser dans les lieux publics d'où une baisse subséquente de la TEOM. Voilà pour le schéma général, reste à approfondir les modalités pour organiser un dispositif performant et se prémunir contre les ruses de citoyens toujours très doués pour exploiter la collectivité.

    Inutile de descendre en flammes mon idée baroque. Prenez la plume ou le clavier et faites d'autres propositions, et bien meilleures, pourquoi pas ? Il faut faire quelque chose : c'est urgent. La Réunion est "makot" et sa cote va en souffrir : c'est en route. Et les mauvaises réputations ont la vie dure. La danseuse est entretenue…mais elle manque d'entretien. Levez les yeux : nos P.C.R. sont grandioses ! Mais regardez où vous mettez les pieds : la "tay" n'est jamais loin. Triste époque.

    Charles Durand

    Le Brûlé - Saint-Denis

    makot : sale, malpropre.

    tay : excréments.


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  • 23 juillet 2012. Un surfeur se saisit du téléphone portable d’une journaliste de radio Freedom et le jette par terre. Plusieurs personnes approuvent son attitude.

    14 aout 2012. Un des pêcheurs mandaté par la préfecture pour prélever des squales donne un « coup de boule » à un journaliste de la radio Réunion première qui commentait l’absence de capture de requin.

    15 septembre 2012. Le rédacteur en chef du JIR accompagné de collègues journalistes se fait sortir de la conférence de presse donnée par Thierry Robert.

    Alors, ça suffit ! La liberté de la presse relève de la liberté d’expression décrite dans l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme adopté par l’Assemblée générale de l’ONU à Paris le 10 décembre 1948. Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

    Dans notre pays, dans notre île française, les journalistes, quelles que soient leurs opinions et leurs commentaires, fussent-ils critiques envers telle ou telle situation ou telle ou telle personne, DOIVENT impérativement être respectés. Le cas échéant, les textes en vigueur prévoient le « droit de réponse ». Un droit de réponse qui suit des règles précises et qui ne prévoit en aucun cas des atteintes physiques sur les journalistes ou sur leurs matériels.

    La justice a récemment condamné à une forte amende un citoyen qui avait osé répéter textuellement une phrase prononcée par le Président Sarkozy lui-même. Les journalistes doivent bénéficier au moins du même niveau de protection dans l’exercice de leurs fonctions.

    Sans quoi, nous allons tout droit vers la dictature et la jungle sans foi ni loi.

    Qu’on ne s’y trompe pas, toute atteinte à la liberté d’expression est un engrenage dans lequel il est facile de mettre le doigt, mais avec un effet de cliquet qui ne permet jamais de retour en arrière.

    Il est urgent que tous les citoyens respectent et protègent celles et ceux qui se dévouent sur le terrain pour les informer du mieux qu’ils le peuvent. Bien au-delà d’une question de maintien de l’ordre, il s’agit d’une question de maintien de la liberté d’informer. Nous sommes tous concernés. Tous, sans exception ! La liberté d’informer est sacrée. Définitivement !

    Charles Durand

    Le Brûlé – Saint-Denis


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